Vous l'aurez remarqué , depuis ma reprise d'activité professionnelle ,j'ai déserté la blogosphère et surtout , je vais mieux .
Je crois sincèrement que le travail ,c'est la santé !
Lorsque j'étais en recherche d'emploi , je me sentais vide ,sans aucune légitimité , sans statut et cela représentait pour moi une véritable souffrance morale .
J'avais l'impression d'appartenir à une catégorie de citoyens de seconde zone ,et je vivais très mal l'interrogatoire des présentations , et plus particulièrement la petite phrase qui tue :
"tu fais quoi dans la vie ? "
Euh...rien (sourire gêné )
Ceux qui ne l'ont pas vécu ne peuvent pas comprendre combien il est humiliant de se retrouver dans cette position d'nfériorité, où l'on tente maladroitement de se justifier alors qu'en fait ,
rien ne nous y oblige !!!
Malheureusement, de nos jours, le travail ,je veux dire par là le poste occupé et donc la position sociale, définissent l'individu .
A tort .
On est autre chose qu'un salarié ou un entrepreneur .En dehors , nous avons des passions , des talents , qui eux , aussi , ont de la valeur ,et font de nous ce que nous sommes .
Quelque soit le domaine ( la musique, le cinéma, le sport , les collections en tous genre ,l'Art ,la BD,la cuisine, la mode, etc ) , ces centres d'intérêts sont vitaux pour
être épanoui et compenser une vie professionnelle parfois peu satisfaisante ou source de tensions , de stress ou d'ennui.
Evidemment , la meilleure configuration reste celle où l'on couple épanouissement au travail et vie sociale et personnelle riche , cela va sans dire !
Cependant , je pense que beaucoup de personnes ne vont pas au boulot en sifflant , une marguerite au coin des lèvres ...
En ce qui me concerne, j'y vais parce que j'ai envie de sortir de chez moi , de voir mes collègues avec qui l'entente est bonne , et d'éventuellement toucher ma prime si je fais suffisamment de
chiffre :)
Le job en lui-même ,dans les assurances , ne me plaît pas plus que ça .
Je suis surtout contente d'être à nouveau "normale" après une longue période de repli sur soi , d'avoir des journées bien remplies, de me lever le matin avec un but et de toucher
un salaire qui me permette de me faire quelques petits plaisirs de temps à autre et de concrétiser à plus ou moins long terme un projet qui me tient à coeur ;)
Cependant , si moi je me situe dans une postion "intermédiaire" dans mon rapport à mon taff actuel ( = je ne suis pas en extase en y allant mais j'y trouve quand même mon compte ) ,
d'autres l'associent à une souffrance et ont besoin de dérivatifs pour compenser leur frustration ( =manque de reconnaissance, ennui , manque de motivation , ambiance détestable ,
compétitivité toxique etc ) .
Je vais prendre un exemple que je connais bien ,celui de mon père .
Il travaille à La Poste , et en résumé , il tape des codes postaux sur une machine toute la journée dans le centre d'Orly .
Il déteste son job et s'y ennuie à mourrir .Mais la sécurité de l'emploi , couplé à la nécessité de nourrir ses deux autres filles (mes petites soeurs ,âgées de 13 et 7 ans ) l'obligent à
courber l'échine pour gagner sa croûte.
Pourtant , à côté de ça ,et je dirais heureusement pour lui , il a une échappatoire : les parties d'échecs .
Il achète pleins de bouquins de stratégie pour comprendre les parties jouées par les grands maîtres et reste généralement sur son pc à jouer en ligne jusqu'à pas d'heure ...
Il a un boulot de simple exécutant , et pourtant , il s'adonne avec plaisir à un jeu éminemment intellectuel .
Sans cette porte de sortie , il pêterait un câble .
Les échecs, c'est son truc à LUI, sa bulle , son kiff .
Là , au moins , il est reconnu à sa juste valeur .
On ne le juge pas à ses diplômes mais à ses réelles capacités de réflexion .
Il ne se définit pas par son travail , mais par sa passion .
D'autres vont se distinguer autrement : en gagnant des concours de tunnning (lol ) , en s'investissant dans la vie politique et associative, en participant à des concours de
jardinage , en écumant les karaoke ou que sais-je encore ....
Ces simples activités ne sont pas à reléguer au second plan et nous avons tort , parfois , de ne pas plus les exploiter .
Nos goûts nous définissent bien plus que nos trajectoires professionnelles , qui sont parfois les résultantes d'heureux hasards ou de pressions familiales, voire même de pesanteurs
sociologiques ("tu seras avocat , mon fils !" / " dans la famille , nous ne sommes pas des intellectuels" + peur inconsciente de trahir les siens et donc ,
par extension , son milieu d'origine ) .
Bref, la prochaine fois qu'on vous demandera ce que vous faites dans la vie , réfléchissez-y à deux fois ...
Car comme on a coutume de dire : "dis-moi ce que tu aimes , je te dirai qui tu es" ...
ps : ne ratez pas le film "JOUEUSE" , avec Sandrine Bonnaire .
Il a une valeur sentimentale pour moi : il me fait penser à mon père, cet "étranger" ( je me comprends ... ) que je connais pourtant si bien .